Dans une émission filmée par « Zone interdite », contractée par la chaîne M6 et analysée par le site du Figaro, le nombre de milliardaires dans le monde est en croissance, de 946 à 1 125 entre 2007 et 2008. De plus en plus nombreux, ils sont aussi de plus en plus exigeants.
Riches en dollars mais pauvres en émotions et en temps, ils font appel à des spécialistes du service pour satisfaire leur moindre caprice. C'est le portrait de ces professionnels taillables et corvéables à merci que le magazine « Zone interdite » dresse, ce soir, en sillonnant la planète de Miami à Marrakech, de Denver à Pékin.
Partout où ils atterrissent , ces nouveaux richards des temps modernes veulent arrêter le temps et conquérir la terre pour ne vivre qu'à eux seuls. Le monde ne les intéresse point! L'essentiel, c'est de savourer la vie à leurs manières bizarrement capitalistes, le monde doit les servir et ne complique aucun vœux inimaginable soit-il !
Ceux qui sont à leurs services sont désignés "mercenaires du service", car ils doivent répondre à tout ordre et satisfaire toute demande. Iman et Rodrigo sont les spécimens les plus frappants de ces nouveaux mercenaires du service et concierges de luxe à Miami, «dans une ville où vous êtes soit milliardaire, soit à leur service ».
Ils racontent de l'imaginaire, « Un jour, nous avons eu affaire à un homme qui voulait manger des queues de crocodile à minuit dans le parc national des Everglades, racontent-ils, à peine étonnés. Nous avons réussi à nous les procurer. » .
Marrakech a aussi sa part des visites de ces richards du 21ème siècle. Avec l'exemple d'une servante obéissante malgré les sévices du nouveau métier. Julie voue, elle aussi, ses jours et ses nuits à ses clients. Surtout aux beaux jours. Julie est « wedding planner », autrement dit, elle organise des mariages haut de gamme.
« Zone interdite » l'a suivie à Marrakech où elle avait pour mission de « marier » deux couples français, l'un dans la médina, l'autre en plein désert, avec un budget de 60 000 euros pour chacune des cérémonies. Un sacré challenge pour la jeune femme qui a dû gérer, avec le sourire, les sautes d'humeur des mariés et de leurs invités.
Au service des nouveaux argentiers, il faut être d'un autre monde comme eux, pour l'argent et rien que pour l'argent. Le temps a beaucoup changé, actuellement, être au service des riches n'est pas de tout repos. Faire preuve de diplomatie, discrétion, rigueur, cela s'apprend.
À Denver aux États-Unis, le Starkey Institute est l'une des plus anciennes et des plus réputées écoles de majordomes. Surnommée la « first lady » du service, Louise Starkey y enseigne, moyennant 8 000 euros pour une formation de quatre semaines, les bonnes manières, le repassage, l'œnologie, le service à table, l'organisation de voyages.
À la sortie de l'école, un chef de maison peut gagner jusqu'à 10 000 euros par mois, à condition d'appliquer à la lettre la devise de Louise Starkey : « Le service est une relation entre celui qui donne et celui qui reçoit. ».