On a ainsi appris qu'un nombre considérable de cafés et de restaurants a été frappé d'arrêts systématiques de saisie et de confiscation du matériel et des marchandises déposés illégalement sur les terrasses sans autorisation préalable d'exploitation temporaire des autorités communales. Avant d'en arriver à ce stade une commission a dû procéder à une tournée à travers la ville, enregistrer les infractions constatées et envoyer des mises en demeure aux personnes concernées pour les rappeler à l'ordre , les sommant de libérer les espaces usurpés .
Et ce n'est qu'en cas de l'entêtement de sujet en infraction à défier l'ordre public que les autorités agissent. Voilà pourquoi il s'agit d'une opération d'envergure propre et saine.
Au fait , il s'agit d' une charte qui dans ses clauses définit clairement les conditions de l'occupation temporaire du domaine public, et c'est justement cette charte qui doit inspirer nos autorités locales dans leur démarche de contrôle. Il est vrai que Marrakech connaît une opération similaire mais celle-ci reste timide et conciliante à nos yeux pour rendre les réfractaires à l'évidence bien que ses résultats commencent à apparaître à la grande joie des riverains de My Abdellah par exemple qui sont les premiers à bénéficier des prémices de ce retour à la légalité.
Vous vous interrogerez dès lors sur l'opportunité de suivre le modèle casablancais alors que chaque ville à ses propres contraintes et sa spécifique identité urbanistique ?
La raison est que le phénomène décrié est partout le même et occasionne généralement les mêmes gênes ce qui suppose la nécessité d'une charte commune du moins pour les grandes agglomérations. Celle - ci a pour objectif de veiller à l'amélioration de la qualité esthétique des terrasses et à l'organisation de l'occupation du domaine public en prenant en considération toute une batterie de mesures concernant la sécurité, la réglementation, la considération des personnes à mobilité réduite, le passage des piétons qui ne doit pas être inférieur à 1,5 m, la propreté , l'inviolabilité de la quiétude des immeubles mitoyens, la propreté, l'observation de l'espace autorisé en ce sens qu'il ne doit pas dépasser celle de la façade extérieure, le rangement du mobilier à l'intérieur de l'établissement pendant les heures de fermeture du commerce et j'en passe.
On constate, que pareilles mesures peuvent s'étendre à tous les commerces. Libérer et assainir l'espace public doit être au centre des préoccupations de nos élus et des autorités locales . Peut - être bien que les pièces constituant le dossier de demande d'autorisation doivent être aussi révisées, notifiées et scrupuleusement examinées avant l'octroi de toute autorisation qui ne serait délivrée qu'à titre précaire et révocable. Elles doivent réunir selon l'arrêté municipal casablancais outre le formulaire administratif dûment rempli, une photo du site concerné, un plan de la terrasse objet de demande avec l'inventaire des éléments du mobilier destiné à l'espace extérieur.
Nous nous félicitons de la salutaire réaction dans ce sens du wali Mounir Chraïbi comme nous l'avions souligné dans un précédent numéro. Il est parfaitement conscient de cette débandade qui caractérise l'occupation du domaine public dont il a malheureusement héritée. Lui même nous a déclaré qu'il s'agit d'une opération délicate qui ne doit pas s'effectuer dans la précipitation et l'improvisation, laissant entendre par là qu'une large campagne de sensibilisation et de dissuasion s'impose pour ne pas heurter violemment des esprits endurcis par des pratiques si anciennes qu'elles sont entrées dans les mours de certains commerçants .
Nous en convenons sauf que dans des situations pareilles, la politique de main de fer, gant de velours serait l'arme la mieux persuasive.