Plus encore, charîf par sa mère, descendante de Sîdî Abdallah ibn Hussein, maître soufi illustre du XVI siècle et grand initiateur du renouveau de la châdiliya jâzouliya en cette époque de l’apogée des confréries au Maroc, il est par ses origines mêmes, sur les traces de celui qui atteignit le plus grand des maqâms, le maqâm al Qorba, à Guisser alors qu’il était sur le chemin de Salé.
A l’occasion d’une exposition en Jordanie, Mohammad al Morabiti va en pèlerinage sur la tombe du Shaykh al Akbar, Muhyî l-Dîn Ibn Arabî, à Damas.
« Je fus saisi. Choqué. Déçu, me confia-t-il. Pourquoi son tombeau est-il recouvert d’une vitre ? Pourquoi une telle négligence quant à l’architecture du Mausolée ? » Puis, paisible il ajouta : «Malgré la colère, je m’assis et récitai la sourate Ya-cin. » Peu à peu le submergea un puissant influx spirituel, celui-là même issu de cette source inépuisable et qui à ce jour continue de souffler sur l’Orient et l’Occident, celui du plus grand des maîtres et qui disait : « Je ne parle que de ce que je goutte. » Cette saveur indicible aurait-elle imprégné le cœur du jeune artiste ? Sans doute cette grâce ininterrompue et diffuse le prédisposa-t-il à « se trouver ». A « trouver son être ». Wajada nafsahu. « C’est à ce moment précis, me dit-il, que je décidai de rendre cet humble hommage à cet illustre ami de Dieu. »
Quant à cette enveloppe de verre qui entoure le tombeau d’Ibn Arabi, ne pourrait-on pas soutenir qu’en tant que principal héritier mohammadien, il est éternellement, aussi, une lumière qui luit à l’intérieur d’un verre…, symbole de pureté et de transparence.