Cependant, Binebine constate que son côté peintre commence à se faire valoir, désirant plus de liberté. C'est ainsi qu'il abandonne l'enseignement pour se consacrer à la peinture et à l'écriture.
Depuis, il enchaîne romans et expositions avec une constante régularité. Il s'installe de 1994 à 1999 à New York, puis rentre à Paris jusqu'en 2002 où il se réconcilie avec sa ville natale en exposant ses œuvres au Musée de Marrakech, et c'est l'envie finale de revivre l'amour pour la cité ocre.
La peinture de Mahi Binebine, comme son écriture, réussit la double fonction d'enchanter et d'inviter à réfléchir, tellement les traits qui s'y cachent prêtent à l'illusion… des corps joyeux, ou des âmes en maux… une équation que le mathématicien qu'il est, à l'origine, résout parfaitement; offrant des œuvres picturales et romanesques délicatement humaines.
Ce mariage peinture/littérature semble donner à Mahi Binebine raison du choix, le voilà qui continue à produire, infatigablement, pour émerveiller l'espace pictural et littéraire marocain et mondial.
La critique d'art Charo Crego écrit dans un catalogue sur son travail : « Le malaise auquel nous sommes condamnés ne nous permet plus de parler de l'être sans penser à sa dissolution, ni de parler du monde sans songer à sa fragmentation…L'objet de la figuration doit donc se limiter à un être brisé, endolori, désorienté.»
En fait, cette sueur qui se dégage des œuvres de Binebine nous laisse perplexes, qui est-il vraiment ? Est-il cet être jaillissant de bonne humeur ou c'est plutôt cette âme portant toute la peine de la destinée humaine.
Driss Ksikes dit sur lui : « Il a beau être jovial, ses personnages sont graves, solitaires, perdus mais en vie quand même. Il a beau avoir du succès, les ombres qui peuplent ses toiles portent leur visage comme un fardeau, trimbalent leur corps comme une masse pesante ».
C'est là un artiste qui porte en lui le choix de traduire les envies humaines en peinture forte et en mots plus qu'engagés.
Romans (traduits en plusieurs langues)
Le sommeil de l'esclave (Stock, 1992, prix Méditerranée Maghreb. Bourse du CNL)
Les funérailles du lait (Stock, 1994)
L'ombre du Poète (Stock, 1997)
Cannibales (Fayard, 1999)
Pollens (Fayard, 2001, prix de l'Amitié franco-arabe)
Terre d'ombre brûlée (Fayard 2004)
Marrakech dans le souffle du griot (Abada/Philip Rey 2005 )
Principales expositions individuelles (ou avec l'artiste Miguel Galanda)
2005 Musée de Silves, Portugal
2004 Arte Invest, Rome
2004 Festival Arte Mare, Bastia (corse)
2004 Bellas Artes, Madrid
2004 Galerie Atalante, Madrid
2004 Galerie Brigitte schenk, Köln
2003 Actua, Casablanca (avec Yamou)
2003 Galerie Bab el kebir, Rabat
2003 Galerie AAM, Rome
2003 Studio Bocchi, Rome
2003 Fundacione Maturen, Tarazona.
2003 Galerie Baskoa, Barcelonne.
2003 Kunst Köln, Galerie Brigitte Schenk
2002 Galerie Dahiez & Associés, Zurich
2002 Galerie Brigitte Schenk, Köln
2002 Musée de Marrakech
2002 Société Générale Marocaine de Banques, Casablanca
2002 Institut Cervantes, Tanger
2002 Kunst Köln, Galerie Brigitte Schenk.
2002 Ministère de la culture Abu Dhabi
2001 Tinglado 4 Moll de Costa, Taragone
2001 Palais des congrès, Grasse.
2000 Espace Paul Ricard, Paris
Galerie El Manar, Casablanca
1999 Galerie Stendhal, New York
Galerie du Fleuve, Paris
Galerie Brigitte Shenk, Köln
1998 Galerie Ott, Düsseldorf
Museum of Contemporary Art, Washington D.C.
1997 Galerie Stendhal, New York.
1989 Contemporary French Art Gallery, New York
1988 Galerie la Découverte, Rabat
1987 Galerie de L'ONMT, Paris
Collections Publiques
Guggenheim Museum, New York
Musée de Marrakech
Fondation Kinda
Société Générale Marocaine des banques.
Banque Commerciale du Maroc
Musée de Silves, Portugal