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Les Jardins de Marrakech

.. véritable refuge pour les habitants en quête de quiétude et de détente

Samir Lotfy / Journaliste Bureau Régional de la MAP à Marrak

Samir Lotfy : L'importance des jardins et des espaces verts au sein des centres urbains n'est plus à démontrer, notamment dans une ville comme Marrakech où ces espaces ne cessent de se transformer, chaque soir, en un véritable refuge et un lieu de rencontres incontournable pour amis et proches, en quête de quiétude et de détente, surtout après une journée de jeûne.


Jardin Majorelle - Marrakech
Jardin Majorelle - Marrakech
Presque abandonnés durant toute la journée, ces espaces commencent à accueillir des visiteurs de tout âge, notamment après 19h et jusqu'à des heures tardives de la nuit, ce qui soulève la question de savoir si ces jardins sont équipés de manière à garantir confort, sécurité et bien être aux visiteurs, notamment ceux qui fuient le vacarme et l'agitation accrue des boulevards et des cafés durant les soirées du mois sacré du Ramadan.

Approchés par la MAP, plusieurs visiteurs de ces espaces ont salué l'initiative d'aménagement des anciens jardins historiques de Marrakech, ainsi que la création de nouveaux espaces verts, à un moment où la ville ocre s'urbanise à une vitesse de croisière, au détriment de ces espaces, et connaît une croissance démographique accrue et une circulation dense et des embouteillages quasi-permanents.

De tels changements, ont-ils poursuivi, ne peuvent être appréhendés séparément de leurs répercussions directes sur les habitudes et les pratiques quotidiennes des habitants d'une cité connue, par le passé, par son calme, sa propreté et son climat salubre.

Ils ont, dans ce sens, tenu à rappeler que ces jardins publics constituent les poumons de la ville et un lieu de distraction pour des milliers de personnes, notamment celles dont les moyens ne leur permettent pas de fréquenter d'autres endroits privés tels les cafés et les clubs.

Il est indispensable d'accorder à ces espaces tout l'intérêt qu'ils méritent, en plaçant leur gestion au centre des préoccupations des autorités locales et de recourir pour ce faire à l'expérience de sociétés spécialisées, estiment certains, citant à titre d'exemple Arsat Moulay Abdessalam entretenue dans le cadre d'un partenariat avec le premier opérateur national des télécommunications, les Jardins El Harti et les jardins de la Ménara, considérés actuellement comme étant des modèles en termes de propreté et de sécurité.

Ils ont également suggéré de doter ces espaces verts de petits points de vente bien aménagés et réunissant toutes les conditions d'hygiène et de propreté, au lieu de laisser le terrain libre aux vendeurs ambulants qui proposent leurs marchandises à des clients (glaces, jus, sandwichs..), sans le moindre contrôle ou observation des règles d'hygiène.

"La mise en place de ce genre de micro-projets, à l'instar de ce qui se passe à l'étranger, permettra la création de nouveaux emplois, de lutter contre l'informel et surtout de préserver la santé des consommateurs, notamment durant les périodes à risque comme l'été où ces lieux sont hautement fréquentés", ont-ils expliqué.

"Si certains espaces verts peuvent servir d'abri pour des délinquants et des SDF, il appartient aux services compétents de renforcer la sécurité dans ces lieux en y effectuant des rondes régulières, afin de lutter contre toute pratique pouvant porter atteinte à l'ordre public et à la sécurité des biens et des personnes", ont-ils dit.

Ils ont estimé nécessaire également de mener des campagnes de sensibilisation auprès des populations pour leur montrer l'importance de ces espaces, tout en les invitant à contribuer au maintien de la propreté de ces endroits et au respect de la nature et de la végétation par un simple changement de comportement et davantage de civisme.

Concernant la fréquentation de ces espaces verts, ils ont tenu à rappeler qu'un tel phénomène ne date pas d'aujourd'hui, mais remonte à des siècles passés, faisant savoir qu'il figurait au c ur même des traditions des anciennes familles marrakchies qui avaient l'habitude de fréquenter -souvent en groupe- les vieilles "Arsates" (jardins) de la cité des sept saints.

Partir en "N'zaha" (pique-nique) dans les Jardins de la Ménara, de l'Agdal et autres, munis le plus souvent de tapis, d'instruments de musique et de sacs bien garnis de vivres relevait du quotidien des marrakchis qui, autrefois, éprouvaient la joie de vivre dans une ville-jardin conçue pour accueillir ses visiteurs à bras ouverts, ont-ils conclu.

Contacté par la MAP, un responsable au conseil communal de la ville a fait savoir que la superficie totale des espaces verts dans la cité ocre avoisine les 350 ha, sans compter la palmeraie de Marrakech (10.000 ha), l'oliveraie de l'Agdal (500 ha) et l'oliveraie de la Menara (80 ha).

Il a, dans ce sens, tenu à préciser que si le ratio des espaces verts par habitant (reconnu mondialement) est de 10m2/habitant, cette moyenne est de 11 m2 par habitant à Marrakech, notant que le conseil communal accorde un intérêt particulier à l'aménagement et à l'entretien de ces espaces.

Si le budget total alloué aux espaces verts a été estimé en 2006 à 9.500.000 DH, dont 6.000.000 DH consacrés au fonctionnement et 3.500.000 DH réservés à l'équipement, ce budget est passé à 11.000.000 DH en 2007 (7.000.000 DH pour le fonctionnement et 4.000.000 DH pour l'équipement), a-t-il précisé.

Il a, en outre, mis en lumière les actions menées par le conseil communal de la ville pour la préservation de ces espaces, notamment l'implantation de milliers de fleurs et d'arbres, la création de jardins le long des boulevards et le développement des jardins des quartiers résidentiels.

Les actions du Conseil portent également sur l'aménagement en cours de certains grands parcs urbains, à l'instar des jardins historiques d'Agdal Ba H'mad étalés sur une superficie globale de 11 ha, avec une enveloppe budgétaire 18 millions de DH à la charge du secteur privé.

Une action non moins importante concerne la régénération de la palmeraie de Marrakech, notamment avec la mise en place sur 15 ha d'une pépinière communale d'une production annuelle de 100.000 plants et la plantation de 80.000 palmier-dattiers dans la palmeraie et les différents espaces verts de la cité ocre.

Avec la mise en place de nouveaux jardins et espaces verts et l'aménagement et la préservation de ceux déjà existants, la cité ocre ne peut que préserver son image envoûtante de ville-jardin et sa place de choix, en tant que l'une des cités les plus verdoyantes du Royaume.

Mardi 25 Septembre 2007
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