La chanson est présentée pour la première fois au public à l'occasion d'un défilé militaire organisé à Marrakech, et lui vaut l'enregistrement de ses chansons dans les studios de Ain Chock à Casablanca pour le compte de la radio nationale marocaine.
Hamid Zahir, de son vrai nom Hamid Ben Tahar (Zahir étant inspiré de son quartier d'origine Arsat Zahiriya), est le chanteur de Marrakech par excellence. Depuis qu'il a intégré le domaine de la chanson qui l'avait tellement séduit depuis son bas âge, il ne cesse de promouvoir un style bien propre à lui, mariant paroles, musique et joie de vivre. En effet, le style de Hamid Zahir demeure unique car prônant en même temps la parole en humeur et la musique inspirée du patrimoine marrakchi, à savoir Dakka, Gnaoui, et autres styles que le chanteur de Marrakech a utilisé pour donner à ses chansons un air de festivité.
C'est en 1957 que le jeune boucher de père en fils, l'enfant de la Kasbah, achète son premier luth qu'il manie avec délicatesse et fonde sa première troupe musicale avec deux femmes choristes et deux hommes parsemant ses chansons de Dakka appelés Keffafa. Ces derniers qui donnent à ses chansons un aspect théâtral en faisant des danses et des mimiques bien propres à cette troupe Zahirienne.
Viennent après des morceaux comme « Awin Awin », « Rouah Li Bgha Yzour », « Lila a Sidi Aâmara » qui deviennent très vite de véritables tubes chantés partout au royaume.
Après un tel succès, et surtout sa chanson fétiche « Marrakech a sidi koulou fareh bik », Hamid Zahir part s'installer à Casablanca où il devient le chanteur Chaâbi des marocains et se produit, ainsi, dans les soirées nationales, les fêtes et même les festivités des hautes personnalités du pays à l'époque qui sollicitent le chanteur pour la joie qu'il procure par sa musique et son style bien particulier.
Hamid Zahir devient, pendant les années 70, la star nationale, et même arabe puisque ses chansons atteignent les pays arabes et reçoivent plein de succès, lui valant d'être sollicité pour des tournées internationales qui le mèneront aux quatre coins du globe, même au Japon et en Australie, c'est dire combien son succès fut énorme. Ce succès qui lui vaut d'être décoré par le président tunisien de l'époque, Habib Bourguiba.
Hamid Zahir décide de tirer sa révérence au début des années 90, laissant comme il affirme le champ aux jeunes artistes ; sans pour autant disparaître de la mémoire marrakchie, marocaine et même arabe.
Des chansons comme « Lalla Fatima » et « Ach Dak Tmchi Lzine » immortaliseront à jamais ce chanteur spécial… le chanteur de Marrakech.